Considéré comme l’un des chefs irrédentistes de l’aile combattante, Salif Sadio est invité à rallier  ses camarades membres de la branche  politique  du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). « Nous tendons la main à Salif Sadio qui est un des nôtres », déclare le secrétaire administratif du comité provisoire du MFDC. Favorable à la poursuite du dialogue pour asseoir une paix définitive en Casamance,  Aliou Coly  par ailleurs secrétaire général du Conseil national du mouvement a lancé cet appel en marge d’une rencontre d’échange  entre différents  acteurs  impliqués dans le processus de paix au sud du pays.

Initiée par la plateforme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC) la rencontre baptisée la table de la paix a vu le jour dans un contexte particulier.

En effet la plateforme considère que « l’accalmie qui s’est installée en Casamance depuis plus de 7 ans reste le fruit d’une synergie des actions de l’Etat, du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) et des organisation de la société civile( OSC)  qui ont mis en œuvre un processus ayant conduit à un accord tacite de cessez- le feu. Ainsi cette période de « ni paix ni guerre » a favorisé un contexte d’affirmation des OSC qui ont joué un grand rôle dans le processus de paix. Profitant de cette situation, l’Etat du Sénégal a mis en place une stratégie de négociation officielle avec l’aile combattante dite la plus radicale à savoir celle de Salif Sadio. Ces rencontres dont la dernière remonterait au mois d’octobre 2017, sont  rendus possible grâce à la communauté Sant Egidio à Rome. La PFPC  s’est félicité de la position du  Gouvernent du Sénégal (GdS) qui se dit ouvert à des négociations avec  toutes les fractions du MFDC.

Toutefois des femmes actrices de la paix déplorent la perturbation   des négociations  par l’assassinat, le 06 janvier 2018 , de 14 exploitants forestiers clandestins, ainsi que par les ratissages de l’armée sur tout le long de la frontière Sud avec la Guinée Bissau pour déloger les bases combattantes qui y ont implanté leur Quartier Général (QG). Les efforts de la PFPC, de la société civile et des belligérants ont surtout consisté à privilégier le dialogue et poursuivre les négociations.

Les populations manquent pour la plupart de saisir leur implication (de facto) en tant que Sénégalais(e) dans la recherche de la paix pour un conflit qu’elles qualifient parfois de casamançais. Beaucoup méconnaissent le conflit et ce qui se passe dans leur propre pays. Bien qu’il soit moins violent que d’autres dans la sous-région, il n’en reste pas moins que la crise dans cette partie du pays questionne la stabilité du Sénégal et plombe une bonne partie de son économie.  L’idée d’un conflit lointain qui ne concerne qu’une partie de la population bloque l’implication des sénégalais dans la gestion de la crise pour en faire une question nationale, qui interpelle le citoyen et non le casamançais.

Ainsi, la Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance (PFPC) a entrepris des actions pouvant contribuer à faciliter le processus de paix par l’organisation d’une table de paix, le 21 Septembre 2017, entre le comité Ad hoc du côté du gouvernement et l’aile politique du MFDC pour faire le point sur l’Etat d’avancement du processus de paix.

Le succès de cette table de paix et les recommandations faites par les parties prenantes a été un grand pas dans le processus de paix. La continuité de ce dialogue permet de communiquer, d’informer la société civile plus particulièrement les femmes afin que les solutions de sorties de crise soient inclusives et durables. Enfin de compte leurs propositions et préoccupations seront remontées au niveau stratégique pour une participation effective aux négociations.

SedhiouNews