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Le « Joola »: 18 ans après, l’injustice a atteint l’âge de la majorité

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18 ans après le naufrage du bateau le Joola,.l’injustice semble être le sentiment le mieux partagé chez les familles des victimes. La plus grande tragédie maritine au monde ne connait toujours pas une suite judiciaire a la hauteur des demarches entreprises au nom des victimes. Bateau toujours au fond du fleuve, dossier judiciaire classé sans suite. renflouement impossible et mémorial pas encore sorti de terre. Bref toutes les conditions d’un deuil impossible sont réunies. 18 ans après le.naufrage du bateau le Joola, l’injustice a atteint l’âge de la majorité. Notre correspondant à Ziguinchor Abdourakhmane Diallo nous plonge dans le dossier tragique du Joola

18 ans après le naufrage du bateau le Joola, presque rien  à bougé dans le dossier judiciaire. Pis encore, aucun acte concret n’est posé pour permettre aux familles des victimes de faire leur deuil. Dans cette interminable nuit du 25 au 26 septembre 2002, le Joola s’est précipité dans le fond des rives gambiennes avec à son bord près de 2000 victimes. Depuis lors une multitude de démarches ont été enclenchées par les familles des victimes aussi bien dans les juridictions nationales que celles internationales. Mais jusque là les nombreux combats judiciaires se sont noyés dans un fleuve de promesse étatique. Près de 2000 âmes disparues, des défaillances de moteurs constatées, la surcharge de l’embarcation notée, bref un trop plein de dlits plus que flagrants et de crimes innommables, mais personne n’est responsable de rien. Aucune personnalité inquiétée. Ni le commandant du port, ni le commandant du bateau resté dans le fleuve, ni le ministre des transports encore moins le Premier ministre ou plus précisément la Premier ministre  de l’époque. Le dossier est classé dans suite. 18 ans après, l’on peut déclarer sans se tromper que l’injustice a  fini par atteindre l’âge de la majorité.
 Mais à côté de la bataille judiciaire, les familles des victimes ont multiplié les initiatives pour le renflouement du bateau pour faire enfin leur deuil. Mais là encore, rien à bougé. Ou presque. A chaque commémoration, les mêmes doléances se repetent, les mêmes promesses de résolution s’en suivent. La même chanson lugubre entonne par des voix meurtries, la même rengaine de L’Etat. Le tout sonne dans le creux de la vague d’une immense désolation. 
Et Que dire du mémorial le Joola, cette sorte de musée annoncée en grande pompe par les pouvoirs publics ? Budget bouclé, études architecturales réalisées, mais jusque là, ce mémorial qui n’existe que sur la maquette de l’architecte, tarde à sortir de terres sur le bord du fleuve dans le quartier Boudody à Ziguinchor. 18 ans, après L’Etat reste sourd aux sirènes des cris et des larmes qui innondent le visage des familles des victimes

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