Actualités de Bignona et du monde

« Connaissez-vous Bignona? », Le poème que Faruq a dédié à sa ville

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Paroles : Je te le jure…

Le soleil ouvre les yeux dans l’iris de ma terre mère
Contrée moulée dans le passé telle une poterie de l’Eternel.
Malgré les cernes, sur nos visages les sourires qu’on trace
Forment avec nos teigneux désespoirs un charmant contraste.
Tissu de sol brodée de mines, ton sang lave la terre
Ton histoire réside chez la déception, les larmes sont tes colocataires.
Tu dissipes les bavures comme ceux qui dorment dans tes escabeaux.
C’est la bravoure d’Ahoune Sané qui fait danser tes drapeaux.
Un jour, tes peurs s’envoleront, tes dissidences se tairont enfin.
Le monde écoutera ton chant éclore du chœur de tes enfants.
Des ruisseaux de cristal, d’émeraude jailliront de ton navire…
Tes blessures sont profondes, mais tu vivras ; ça je te le jure.

Des Alouettes aux Plateaux, je te salue Bignona, ma terre natale
Au pays des rires, tes murs peinture de feu, sont la capitale
Grand village qui se lève aux flancs du soleil, qui a soif d’évolution ;
Tes rêves de réverbères côtoient tes nuits peuplées de lucioles.
Tu connais le silence indécis que précède le haro des décès ;
Des scènes d’horreur du destin, tu t’es toujours redressé
Ceux qui ne voient ta beauté, c’est leur cœur qui a louché,
Le ciel est si beau à tes côtés ; le soleil en oublie de se coucher.
Bignona,
Tes poumons se gonflent, tu veux le changement comme l’air ;
Pour toi, l’essentiel ce n’est plus de vivre quand rêver devient subsidiaire.
Dans la torpeur de tes soirs, je te tends un bouquet de lavande ;
Tu n’accepteras jamais que tes espoirs se marchandent.
Tes femmes sont volutes de vertus, fragrance de chasteté,
Frissons sur ma peau, hymne que jentonne à satiété.
Bignona, apprends à aimer aux hommes qui ne savent que haïr.
Tes blessures sont profondes, mais tu vivras ; ça je te le jure.

J’entre en toi, par le seuil de l’âge où mes tempêtes s’assemblent.
J’ai dû apprendre à cohabiter avec les vents de sable.
Dis à Assiba qu’elle est belle, croire en elle est son mantra
Et à Nour que son éblouissant sourire me manquera.
J’ai parsemé par ces mains les leçons de tes parchemins
Pour offrir à l’écrin du monde les merveilles puisées en ton sein.
Dans tes allées sombres se terrent tes fumeurs de joints à l’usure
Tes blessures sont profondes, mais tu vivras ; ça je te le jure.

L’aube dressera sa pénombre, un vent d’amour serein
Consolera la rose de ton cœur, effeuillera tes chagrins.
Un nouveau jour se lèvera, tu verras la vie en rose.
Tu réécriras ton histoire à l’encre des belles proses.
Dans les quartiers, nos grands-pères ont fait leur dernière ronde,
Leurs âmes célestes éclairent tes nuits depuis l’autre monde.
L’appel du muezzin, la cloche au beffroi et un air de zouk
Fusionnent à tes rituels mandingue, mancagne, diola et baynouk.
Là où les autres font l’amour comme on arrose un jardin d’orchidées,
Moi, je flâne sous ton azur. Par les caresses du vent, me laisse guider.
Bignona ; essaim de mon miel, mon amour est un poème sans césure
Tes blessures sont profondes, mais tu vivras ; ça je te le jure.

J’ai susurré aux oreilles d’un roc mon respect pour toutes tes maisons,
Mes prières adressées aux mânes te couvriront de leur oraison
Ma poitrine est fébrile, je quémande ton amitié.
Puisse chaque battement de mon cœur t’en donner l’exacte tonalité.
Les acacias aux bordures du talus accueillent mes ramures,
Mes chansons d’amour feront éternellement onduler ta chevelure
Si tu peines à respirer, je serai ta bouffée d’air diaphane
Ensemble, chevauchons l’avenir que vise l’oeil d’Émile Badiane !
Je t’épouserai,
Alliance de nos âmes, sur la rizière de Maadi Bolong.
Dans soixante quatre ans, on fêtera nos noces d’astrakan en rigolant
Au rythme du Bougueureub, de l’ivresse du Soum-Soum, mon Amie,
On se souviendra de tes blessures ; et tu vivras, ça je te le jure.

Al_Fàruq😎

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