Depuis l’avènement de la crise armée en Casamance en 1982, nombreux sont les fils et filles de cette région en particulier et du Sénégal en général à sauter sur une mine. Et le phénomène est loin de connaître son épilogue, la preuve, des jeunes ont été victimes de mines dans le nord Sindian en Août 2021. Cinq parmi eux ont perdu la vie sur place. Cette situation plonge d’avantage les premières victimes de mines dans l’angoisse, le stresse… Sarany Diatta, président de l’association des victimes de mines en Casamance, a, lors d’un entretien avec la presse Sénégalaise en Guinée Bissau, regretté ces incidents qui selon lui ne font qu’allonger la liste des victimes de mines en Casamance.
Le président de l’ASVM (Association des Victimes de Mines) a effectué un déplacement la semaine dernière à Bissau pus précisément au centre d’appareillage de ce pays frontalier du Sénégal pour une séance de travail avec le CICR, son partenaire stratégique. En effet, tous les victimes de mines en Casamance bénéficient depuis 2015 l’accompagnement du comité international de la croix rouge de Bissau qui leurs facilite l’obtention de protèges pour leur mobilité. Des protèges qu’ils ont peinés à disposer dans leur propre pays. “Depuis 2015, plus de 200 victimes de mines en Casamance ont été appareillées ici à Bissau”, informe Sarany Diatta non sans précisé que les patients y réparent également leurs protèges en cas de nécessité.

Fin de la mission du CICR à Bissau

Le comité international de la croix rouge de Bissau est sur le point de quitter. Motif, la fin de son programme dans le pays de M’Ballo. Cette nouvelle inquiète plus d’un dans les rangs des victimes de mines en Casamance. Ces derniers s’interrogent sur leur sort après le départ de ce partenaire de taille. “Perdre un partenaire aussi utile va forcément nous impacter”, a lâché une des victimes. Aujourd’hui, ces victimes de mines attendent beaucoup un accompagnement très conséquent de la part des autorités de l’État central.

Indemnités pour les victimes de mines en Casamance

“Nous sommes aussi des victimes tout comme le sont celles du naufrage du Joola. Bons avons besoin de l’aide des autorités. Beaucoup de victimes de mines sont mortes de stress et ça les autorités le savent. Aujourd’hui, nous avons besoin que l’État nous indemnise comme il l’a fait avec les mutilés de guerres et les victimes du bateau le Joola”, a lancé Louis Bernard Diédhiou avec un cœur meurtri.