La polémique autour des 450 millions de francs CFA des fonds force Covid-19 alloués aux conducteurs de mototaxi de type Jakarta est loin de connaitre son épilogue. En effet, face la presse, les Jakarta men de Bignona ont haussé le ton pour exiger toute la lumière sur ces fonds. “On a su qu’une ligne de 450 millions nous a été allouée depuis plus de dix mois et jusqu’ici, nous n’avons encore rien vu alors que nous avons une forte jeunesse”, s’est désolé leur porte-parole Beuz Mané.

Devant cette situation qu’ils déplorent, les conducteurs des deux roues interpellent la plus haute autorité du pays. “Nous interpellons l’Etat, nous interpellons le président de la république, Mr Macky Sall. Que l’Etat nous donne notre argent comme il l’a fait avec pratiquement tous les corps de métiers. Parmi nous, il y a des chefs de famille qui se débrouillent pour joindre les deux bouts et entretenir leurs parents”, lance t-il face les journalistes.

Pour ces jeunes débrouillards, les fonds forces covid-19 sera pour nombre d’entre eux, une porte de sortie de la pauvreté. Ils pensent déjà à des projets pour garantir leur avenir. “Cet argent nous servira de fond de départ. En Casamance, la terre est très fertile. Nous nous lancerons dans l’agriculture, le maraichage. Il y a parmi nous qui rêvent de faire de l’élevage. Donc vous comprenez que cet argent nous sera d’un bon apport”, a expliqué M. Mané. Leurs rêves leur amène à demander solennellement le président Macky Sall à revoir à la hausse le montant qui leur est alloué. “Oui nous appelons le chef de l’Etat à reconsidérer notre enveloppe. Nous souhaiterions qu’elle soit revue à la hausse. Avec un milliard, l’argent pourrait nous servir à grande chose”, ajoute notre interlocuteur.

Depuis l’éclatement de cette affaire, nombreux sont les sénégalais qui pensent que l’argent destiné aux jakarta men est détourné. Une situation née de la communication du ministre des transports et des infrastructures qui a fait dire au chef de l’Etat que les 450 millions des Jakarta men sont logés dans les gouvernances. Ce que les gouverneurs de région ont immédiatement démenti. Le lendemain, c’est le secrétaire général du ministère de Mansour Faye qui sort pour dire que l’argent est au trésor public. Deux communications qui sèment le doute dans a tête des populations. Ce qui d’ailleurs a amené les conducteurs de Jakarta de Bignona à inviter le président à sévir si toute fois la thèse du détournement est avérée.