El Hadj Omar Lamine Badji, responsable du Parti démocratique sénégalais (PDS) a été assassiné, dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 décembre 2006, veille de la célébration de la fête musulmane de l’Aïd El Kébir (Tabaski) dans son village de Sindian (sud) où il naquit en 1944. Quatorze années après le meurtre, des interrogations demeurent toujours sur les véritables mobiles des exécutants : est-ce un assassinat politique sur fond de rivalités ? Est-ce que Oumar Lamine Badji a payé de sa vie le prix de son engagement en faveur de l’avènement de la paix en Casamance, une hypothèse qui a fait endosser la responsabilité du crime à des éléments du Mouvements des forces démocratiques de Casamance (rébellion) ?.

Au lendemain de ce crime odieux quatorze suspects ont été arrêtés et aux mis arrêts. Un d’entre eux est officiellement mort dans une tentative de suicide à bord d’un véhicule de la gendarmerie. Considéré comme le suspect N°1 dans cette affaire, Abba Diédhiou, se serait suicidé en voulant sauter du véhicule de la gendarmerie qui le transportait à Sindian pour les besoins de l’enquête. Abba Diédhiou, animateur à la radio communautaire de Sindian et connu sous le sobriquet de Jean Michel Kankan a été arrêté le 2 janvier, jour de l’inhumation de El Hadji Omar Lamine Badji. Originaire de Tendine, village voisin de celui de Sindian, il était considéré comme l’un des éléments clés de l’assassinat du président du conseil régional de Ziguinchor. Deux autres suspects ont également trouvé la mort en prison.

Rendant hommage à El Hadj Omar Lamine Badji le 2 janvier 2007 à Ziguinchor, le chef de l’Etat d’alors Me Abdoulaye Wade avait salué son engagement en faveur de l’unité du Sénégal. Devant le Conseil régional de Ziguinchor, le président Wade a indiqué qu’Omar Lamine Badji était un homme courageux par son langage sans équivoque, son option sans équivoque pour une République (du Sénégal) une et indivisible. Il était mon interlocuteur préféré, pour donner un avis sur les questions complexes. Et, il n’était pas seulement du PDS, je le considérais comme mon petit frère. Il me considérait comme son grand frère. Voilà qui explique mon émotion et ma peine mais aussi la peine du président de la République du Sénégal qui déplore le recours à l’assassinat, comme un argument pour obtenir je ne sais quoi , avait déclaré Wade.

Saluant le militant libéral de la première heure, le président Wade avait aussi rappelé qu’Omar Lamine Badji fait partie, avec notamment Marcel Bassène et Moussa Diédhiou, des personnes qui lui ont fait connaître la Casamance. Selon le chef de l’Etat d’alors, Omar Lamine Badji est même allé, avec son ami Moussa Diédhiou, jusqu’à s’opposer physiquement, à la confiscation, en 1988, par le Parti socialiste (PS, opposition), de la victoire du PDS dans le département de Bignona, à l’occasion des élections législatives.

En Conseil des ministres du 5 janvier 2007, au Palais de la République, le chef de l’Etat d’alors a condamné encore fermement cet odieux assassinat. Au cours de la même rencontre, le Président Wade avait fait part de sa décision d’aider la famille du défunt et d’engager, dans les meilleurs délais, la reconstruction de la maison dévastée par les flammes, consécutives à l’assaut des criminels. Pour immortaliser le défunt, le Lycée de Djibock (périphérie de Ziguinchor) porte désormais le nom d’El Hadj Omar Lamine Badji, en reconnaissance à son engagement patriotique, en faveur de la paix, de l’unité nationale et de la grandeur du Sénégal. La Permanence nationale du Parti démocratique sénégalais (PDS) porte aussi son nom.

Tout cela suffit-il pour un hommage à Omar Lamine Badji ? Non! Je crois. La meilleure façon de lui rendre hommage, c’est de mettre aux arrêts les vrais commanditaires de son assassinat. Il est temps de faire tomber les masques.